Top 14 : Brive entre dans une zone de turbulences
[19/10 - 18h37]

Patrick Sébastien, président d'honneur du club de rugby de Brive, le 2 octobre 2009 à Paris lors d'un match face au Stade français.
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Brive, après un départ médiocre en Top 14 et une quasi-élimination des quarts de finale de Coupe d'Europe de rugby, traverse une zone de turbulences traduite par l'annonce, lundi, du départ du président d'honneur, Patrick Sébastien. "J'ai proposé de reprendre la main pour tenter de retrouver un élan et une philosophie nouvelle basée plus sur l'humain que sur l'économique. Le conseil d'administration, à l'unanimité, a rejeté cette demande. Je quitte donc le club définitivement", écrit M. Sébastien dans un communiqué transmis à l'AFP. L'aspect sportif Depuis le début du Top 14, Brive n'a jamais été en mesure de rivaliser avec les équipes de haut de tableau: défaites à Toulouse (0-38), à Perpignan (9-21), au Stade Français (16-44) et à domicile contre Biarritz (12-15). Seule la victoire (11-9) face à Castres, actuel 2e du Top 14, a atténué cette impression de faiblesse d'une équipe à forte connotation anglo-saxonne. Les Corréziens ont également pu se rendre compte, selon leur capitaine Fabien Estebanez, "du fossé qu'il y a entre une équipe de Brive et le champion d'Europe". Contre le Leinster, Brive a fait preuve d'un manque flagrant de cohésion. Il lui a manqué un chef d'orchestre pour diriger des joueurs qui ont, à l'image de Noon ou de Palisson, tenté de jouer leur partition en solo. Pour Patrick Sébastien, "les joueurs ont fait le métier, mais ça ne suffit pas". Le recrutement Dans son communiqué, Patrick Sébastien stigmatise "la multiplication des contrats étrangers", un des symboles d'un "monde des affaires transposé au rugby qui ne (lui) convient pas." Brive, qui comptait déjà dans son effectif des joueurs sud-africains, Gerhard Vosloo ou Antonie Claassen, et anglais, Andy Goode, ayant contribué à l'excellent comportement des Brivistes la saison passée, ont persévéré dans cette voie. Ils ont recruté Pat Barnard et Retief Uys (RSA), Shaun Perry, Jamie Noon et Riki Flutey (ENG). Souvent des joueurs en fin de carrière. Annoncé comme "la perle", Flutey, blessé à l'épaule gauche, n'a jusqu'à présent joué qu'un seul match, contre Clermont, privant ainsi le CAB d'un précieux atout offensif. Le volet administratif et financier A l'orée de la saison, Daniel Derichebourg, propriétaire du groupe du même nom, a vendu le club corrézien (5e budget du Top 14 avec 16 millions d'euros), qui venait de décrocher sa participation en Coupe d'Europe, à une société anonyme. Celui qui avait fait revenir Patrick Sébastien aux commandes laissait ainsi un conseil d'administration dirigé par Jean-Jacques Bertrand, épaulé par l'Anglais Simon Gillham. Et si Sébastien, voulant "sauver la saison et bien préparer la prochaine", a proposé de "prendre les clés du camion sur le plan du recrutement, du sportif et de l'humain", les dirigeants ont choisi une autre voie: celle de demander sa démission, finalement obtenue. Ils se sont toutefois gardé de bouleverser l'encadrement sportif avec le manageur Laurent Seigne et le directeur général délégué François Duboisset, un des vainqueurs de la Coupe d'Europe 1997. Deux hommes proches de Derichebourg, ce qui laisse entrevoir l'éventualité d'un ultime sauvetage du club corrézien.
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