L'UMP s'en prend aux médias, artisans d'une entreprise de "destruction"
[19/10 - 21h03]

Le porte-parole de l'UMP, Frédéric Lefebvre, le 5 décembre 2008 à Paris
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Dans la foulée de membres du gouvernement, l'UMP s'est livrée lundi à une violente attaque contre les médias, accusés de vouloir "détruire" Nicolas Sarkozy, tentative infructueuse selon le parti majoritaire qui cite en exemple le succès de David Douillet dans les Yvelines. La charge la plus vive est venue du porte-parole de l'UMP, Frédéric Lefebvre. La victoire du judoka à la législative de Poissy constitue, selon lui, "la meilleure réponse à ce monde politico-médiatique qui cherche par tous moyens à détruire le président de la République", "à le faire trébucher". M. Lefebvre, qui s'en prend à "tous" les médias "ou presque", en veut pour preuve leur traitement des "deux soi-disant affaires" autour de Frédéric Mitterrand, objet, selon lui, d'une "curée", et de l'accession probable de Jean Sarkozy, cadet du chef de l'Etat, à un poste important sur lequel on fait "beaucoup avec rien". Multipliant "les vilénies quotidiennes", les journalistes se substituent à "une opposition qui ne fait plus son travail", estime ce proche de Nicolas Sarkozy. Le président avait usé de termes plus feutrés, en affirmant au Figaro vendredi que "le climat médiatique est par construction politisé". "Il y a eu la période des commentateurs, maintenant c'est la période des électeurs", a renchéri lundi matin le chef de l'Etat lors de la réunion hebdomadaire des responsables de l'UMP à l'Elysée, selon l'un des participants. Des membres du gouvernement étaient aussi montés au créneau dans cette offensive anti-médias. La secrétaire d'Etat aux sports, Rama Yade, avait fustigé vendredi une entreprise "d'instrumentalisation pure et simple" s'incrivant "dans une sorte d'hystérie collective antisarkozyste". Pour le ministre du Travail, Xavier Darcos, la presse participe à un "effort de déstabilisation" de son camp. Conseiller spécial du président, Henri Guaino a glissé que cela ne le "dérange pas" si parfois les journaux "se prennent pour l'opposition", "c'est la démocratie"... Ce chapelet de remises en causes est "inacceptable", a jugé l'ancien ministre PRG, Roger-Gérard Schwartzenberg. "La presse fait son travail avec probité", a-t-il plaidé. Le Parti socialiste, par la voix de son porte-parole Benoît Hamon, a dénoncé "un recul des libertés publiques et individuelles" depuis l'arrivée de M. Sarkozy au pouvoir. L'ancien journaliste Noël Mamère, député Verts, perçoit dans cette charge des relents "totalitaires". Pour Corinne Lepage (MoDem), les propos de M. Lefebvre, "aboyeur de service", relèvent d'une "conception non-démocratique de la société". Garantes de la déontologie de la profession, les Sociétés des journalistes (SDJ), jugent que ces attaques traduisent une "grande fébrilité" du pouvoir et craignent qu'elles ne s'aggravent à l'approche des régionales de mars 2010 et de la présidentielle de 2012. Selon François Malye, président du forum des trente SDJ, les politiques "profitent" des problèmes financiers de la presse "pour remettre les journalistes à leur place", notamment en demandant de plus en plus de droits de réponse et rectificatifs. Certains à gauche n'hésitent pas non plus à crier haro sur les journalistes. Le site de Ségolène Royal accueille ainsi une rubrique "rétablir la vérité" contrant ce qui est présenté comme des inexactitudes de la presse, accusée de vouloir "nuire" à l'ancienne candidate à la présidentielle. Cette dernière a cependant jugé lundi "pas sérieuse" la nouvelle charge de l'UMP, car Nicolas Sarkozy "contrôle pas mal de médias".
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