Cadarache: le CEA prié de préciser son évaluation des quantités de plutonium
[19/10 - 18h03]

Vue générale de l'entrée du CEA de Cadarache, en 2005
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L'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a demandé lundi au Commissariat à l'énergie atomique (CEA) de lui préciser ses méthodes d'évaluation des quantités de résidus de plutonium contenues dans un bâtiment en démantèlement du site de Cadarache (Bouches-du-Rhône). L'ASN reproche au CEA d'avoir mis plus de trois mois à signaler une importante sous-évaluation de résidus de plutonium dans l'Atelier de technologie du plutonium (ATPu), dont le démantèlement, entrepris depuis mars, a été suspendu. La concentration de plutonium dans certaines "boîtes à gants" (enceintes confinées où étaient manipulées des matières radioactives) était proche du seuil à partir duquel une réaction nucléaire aurait pu démarrer, exposant les travailleurs à de graves irradiations. Lors du démantèlement des 150 premières boîtes à gants, 22 kg de résidus de plutonium ont été collectés, selon le CEA, qui estime que les 300 boîtes à gants restantes ne devraient pas en contenir plus de 17 kg. Les premières prévisions limitaient à 8 kg la quantité totale de résidus escomptés. "Je vous demande de me préciser la méthodologie adoptée en exploitation pour estimer les masses de matière fissile en rétention", indique la lettre adressée au directeur du centre de Cadarache, qui fait suite à l'inspection du 9 octobre. Après cette inspection, l'ASN avait classé l'incident au niveau 2 de l'échelle internationale INES, un niveau rarement atteint (un incident en mars 2009, aucun en 2008). "Vos représentants ont déclaré que les masses de matière fissile restant à collecter ont été estimées au jour de l'inspection, par le biais d'observations visuelles, d'inspections par caméra, et pour les quelques postes le permettant, par des mesures spécifiques. La fiabilité de ces modes d'évaluation n'a pas pu être précisée", dit encore la lettre. L'ASN demande aussi au CEA de lui préciser "la répartition de la matière au sein des postes". La boîte la plus chargée contenait 10 kilos de poussières de plutonium au lieu de 1,8 prévus avant le démarrage du démantèlement. Le CEA devra aussi dresser un inventaire de la sûreté de tous les postes de travail concernés et répondre sur tous les points le 20 novembre au plus tard. L'ASN autorisera ensuite, ou non, la reprise du démantèlement de l'ATPu, une installation vieille de plus de 40 ans.
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