Climat : l'UE peine à se donner les moyens de ses ambitions pour Copenhague
[20/10 - 11h52]

La ministre française de l'Economie Christine Lagarde et son homologue italien Giulio Tremonti discutent avant la réunion des ministres des Finances de l'UE à Luxembourg le 20 octobre 2009.
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Les Européens peinent à s'entendre sur la prise en charge d'un financement de plusieurs milliards d'euros pour aider les pays pauvres à lutter contre le réchauffement du climat , enjeu majeur des négociations mondiales à moins de deux mois du sommet de Copenhague. Les discussions sont "compliquées", a reconnu mardi le ministre suédois des Finances Anders Borg, dont le pays préside actuellement l'UE, à l'ouverture d'une réunion avec ses homologues à Luxembourg. Son homologue française Christine Lagarde a été plus directe. "Si on n'y arrive pas, ça relèvera du Conseil. Ce ne sera pas la première fois que des questions climat et énergie relèvent du Conseil européen", a-t-elle souligné. Un peu moins d'un an après l'adoption de son ambitieux plan d'action contre le réchauffement de la planète, l'UE se prépare à rejouer le même psychodrame la semaine prochaine à Bruxelles lors du sommet des chefs d'Etat et de gouvernement, avec les mêmes protagonistes dans les mauvais rôles: la Pologne, l'Allemagne et l'Italie, ont ironisé plusieurs délégations. L'arbitrage demandé aux dirigeants européens portera sur le partage d'une contribution de quelques milliards d'euros pour aider les pays les plus pauvres de la planète à combattre les effets du réchauffement du climat. Ce financement est devenu un enjeu majeur des négociations mondiales à moins de deux mois du sommet sur le climat de Copenhague. La Commission européenne a chiffré les besoins des plus pauvres à 100 milliards d'euros par an au total jusqu'en 2020. Les pays industrialisés --Union européenne, Etats-Unis, Canada, Japon, Norvège, Suisse-- devraient fournir entre 22 et 50 milliards d'euros par an. Ils devraient en outre leur allouer une enveloppe de 5 à 7 milliards d'euros par an pendant les trois premières années suivant la signature de l'accord. Les discussions à Luxembourg portent sur "la juste part de l'UE", évaluée entre 2 et 15 milliards d'euros, et les échanges sont très durs sur la répartition de l'addition, qui devra être calculée selon une pondération encore à définir en fonction de la richesse des pays et de leur pollution. Les oppositions au sein de l'UE sont diverses. Certains pays, comme la Pologne, refusent de payer pour aider les plus pauvres au motif qu'ils sont eux mêmes "pauvres". La plupart des nouveaux membres d'Europe de l'Est sont sur cette ligne. D'autres, comme l'Allemagne, jugent prématuré de la part de l'UE d'avancer un chiffre tant que les autres pays industrialisés se taisent sur leurs intentions. Et une fois encore, l'Italie se "cache" derrière l'Allemagne et la Pologne, ont souligné plusieurs délégations. "Si nous ne parvenons pas en Europe à démontrer que chacun de nous est prêt à apporter une contribution équitable, alors il sera très difficile de persuader le reste du monde de s'engager", a estimé le ministre des Finances britannique Alistair Darling cité par son porte-parole. Mais le contexte n'est pas bon, a reconnu Anders Borg en insistant sur les "difficultés économiques" des pays de l'UE. "Les chiffres sont un élément important, mais ils ne sont pas essentiels", a pour sa part commenté le Luxembourgeois Luc Frieden, qui n'a pas caché ses doutes sur la nécessité pour l'UE de dévoiler toutes ses cartes. "Copenhague ne peut être un succès que si tous y contribuent", a-t-il insisté. Le sommet de Copenhague, du 7 au 18 décembre, vise à établir un nouveau traité global sur le climat pour remplacer le Protocole de Kyoto qui expire en 2012. L'UE s'est engagée à réduire pour 2020 ses émissions de gaz à effet de serre de 20% par rapport à leurs niveaux de 1990.
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