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Les leaders bosniaques réunis par l'UE et Washington pour débloquer les réformes
[20/10 - 10h51]


Le ministre suédois des Affaires étrangères, Carl Bildt (C), Le sous-secrétaire d'Etat américain, Jim Steinberg (D) et le commissaire européen Olli Rehn (G), lors d'une réunion sur la Bosnie, le 9 octobre 2009 à Sarajevo
 

Les leaders de Bosnie se sont réunis mardi à Sarajevo sous la houlette de représentants de Bruxelles et Washington pour sortir le pays d'une crise politique qui freine le rapprochement avec l'Union européenne,

Les principaux leaders serbes, musulmans et croates participent à cette réunion - la deuxième en dix jours - qui se tient sur une base militaire de la Force de l'Union européenne (Eufor), rapporte un journaliste de l'AFP.

Cette nouvelle réunion -- chapeautée par le chef de la diplomatie suédoise, Carl Bildt, dont le pays préside actuellement l'UE, et le sous-secrétaire d'Etat américain, Jim Steinberg --, semble ne pas laisser de place à un compromis.

Lundi, le leader serbe Milorad Dodik a indiqué avoir été informé du "paquet de réformes" constitutionnelles proposé par Bruxelles et Washington et affirmé qu'il le rejetait car il visait uniquement la protection des intérêts des Musulmans bosniaques.

De son côté, le leader croate Dragan Covic a affirmé que la proposition n'était pas favorable pour sa communauté alors que les dirigeants musulmans ont estimé que les réformes proposées étaient insuffisantes.

L'accord de paix de Dayton (Etats-Unis) qui a mis fin en 1995 à trois ans et demi de guerre intercommunautaire, a consacré la division du pays en deux entités, serbe et croato-musulmane, unies par de faibles institutions centrales, sous la supervision d'un Haut représentant de la communauté internationale.

Les Serbes entravent souvent le fonctionnement des institutions centrales en jouant sur une prérogative constitutionnelle stipulant que toute décision doit être adoptée avec l'aval des représentants de trois communautés.

L'organisation du pays est ainsi sujet de discorde entre les Serbes, qui veulent préserver leur autonomie, et les Musulmans, partisans d'un gouvernement central fort.

La communauté internationale réclame le renforcement des institutions centrales, c'est-à-dire la présidence, le gouvernement et le parlement.

Selon la presse locale, Bruxelles et Washington proposent notamment l'abandon de l'actuelle présidence tournante tripartite (serbe, musulman et croate) élue par vote direct au profit d'un seul président épaulé par deux vice-présidents, élus par le parlement.

Le Premier ministre verra aussi ses attributions élargies.

Quant au parlement, la chambre des députés devrait plus que doubler le nombre d'élus de 42 à 87 tandis que la chambre haute (15 élus) devrait perdre ses attributions législatives se bornant à veiller à la protection "des intérêts vitaux" des trois communautés.

Source : AFP