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Trafic SNCF perturbé: emploi dans le fret et réorganisation au coeur de la mobilisation
[20/10 - 13h00]


Photo prise le 20 octobre 2009 de l'un des quais de la gare Montparnasse à Paris, où le trafic SNCF est perturbé en raison d'une grève
 

Le trafic SNCF était perturbé mardi par une grève à l'appel de trois syndicats qui redoutent une filialisation et des suppressions d'emplois dans le fret et s'inquiètent d'une réorganisation globale de l'entreprise.

La direction a fait état d'un taux de grévistes de 23,75% dans la matinée, un chiffre contesté par la CGT qui parle de 31,6%.

Mardi matin, le trafic a été conforme aux prévisions annoncées, avec en moyenne deux TGV sur trois et un train sur deux sur les réseaux TER, Corail et Intercités par exemple.

Un retour à la normale est prévu "dès le premier train mercredi matin".

Les syndicats ayant appelé à la grève - CGT, CFDT-Fgaac et Sud Rail (soit 68% des voix aux élections professionnelles), ainsi que FO dans certaines régions - mettent en avant "un climat d'inquiétude et de mécontentement général" quant à la réorganisation globale de la SNCF, notamment dans la branche fret chroniquement déficitaire.

La direction a annoncé fin septembre une réforme du fret qui veut abandonner une bonne partie du "wagon isolé" (transport de petites quantités par client), responsable de deux tiers des pertes du fret, qui devraient s'élever en 2009 à 600 millions d'euros.

La SNCF veut s'orienter sur des marchés plus porteurs (autoroutes ferroviaires, TGV fret, présence dans les ports, produits agricoles/chimiques/automobiles).

L'Unsa (18,05% du personnel) a finalement renoncé à la grève après avoir obtenu que certains de ces marchés soient gérés à titre expérimental, pendant huit mois, par des entités spécialisées et non par des filiales.

"Le défi est de savoir si l'on peut trouver des souplesses dans l'organisation du travail pour ne pas faire la filialisation", avance François Nogué, DRH de la SNCF.

Mais pour Didier Le Reste, secrétaire général CGT, "ce n'est que reculer pour mieux sauter".

Les conséquences sociales de l'abandon de 50 à 60% du wagon isolé suscitent aussi beaucoup d'inquiétudes, la CGT annonçant jusqu'à 6.000 suppressions de postes et la direction refusant de donner un chiffre.

Selon le Pdg Guillaume Pepy, "il y a beaucoup de changements de métiers au sein de la SNCF, et il y aura de la mobilité du fret vers les autres branches".

Mais les syndicats ne se satisfont pas de cette possibilité et Didier Le Reste souligne qu'entre "2002 et 2009, plus de 20.000 emplois au statut (cheminot) ont été supprimés".

Au nom de la CFDT-Fgaac, Dominique Aubry estime que "si on voulait vraiment" reporter du trafic routier vers le rail, "on ne laisserait pas tomber le wagon isolé, qui irrigue tout le territoire et concurrence la route directement, même si cela a un coût".

La SNCF assure qu'à terme ces projets de développement fret vont "permettre de prendre des marchés à la route", alors que le fret ferroviaire ne cesse de perdre du terrain au niveau national, et ce malgré l'arrivée de la concurrence en 2006.

Au-delà du fret, Dominique Aubry pointe "un malaise général" lié à certains choix stratégiques et à une profonde réorganisation de l'entreprise (cinq branches - Proximité, Géodis-Fret, Voyages, Gares et Connexions, et Infrastructures -, et une direction de la circulation sous l'autorité de RFF). "Sur le terrain, on ne comprend plus les projets de la direction qui investit à l'étranger au détriment de la France", pointe Dominique Aubry.

Pour Guillaume Pepy, "la SNCF se transforme à grande vitesse, mais cela est fait de manière raisonnée" afin de devenir "un groupe de transport multimodal et durable au niveau européen".

Source : AFP